1/26Aston Martin · 1978
Aston Martin V8 5,3 V8 mk3 / Matching Numbers / RHD 315 ch
0 restauré · Essence
Pas de malentendu possible : vous n’êtes pas James Bond. Lui, en 1987, dans « Tuer n’est pas jouer », il conduisait une Aston Martin V8 équipée de lasers dans les jantes, de missiles dans les antibrouillards, de skis rétractables et d’un moteur-fusée. Vous, vous aurez la climatisation, les vitres électriques et un autoradio à cassette. Mais soyons honnêtes : coincé dans les bouchons un vendredi soir de juillet, vous préférez quoi ? Un laser, ou de l’air frais ? Voici l’Aston Martin V8 de 1978, la seule version de la voiture de 007 qui vous laisse arriver au bureau sans avoir fait sauter personne. L’Aston Martin V8 descend de la DBS dessinée par William Towns à la fin des années 1960 : une grande GT anglaise aux lignes musclées, pensée pour recevoir le nouveau V8 maison conçu par l’ingénieur Tadek Marek. Ce moteur de 5,3 litres, tout en aluminium, à quatre arbres à cames en tête, devient l’âme de la marque pour plusieurs décennies. La V8 traverse les années 70 et 80 au gré des séries, et cette période n’a rien de tranquille pour la marque : au milieu des années 70, Aston Martin frôle la disparition avant d’être reprise par de nouveaux propriétaires. La Series 3, produite de 1973 à 1978, marque le retour aux carburateurs Weber après une courte période à injection, une alimentation que beaucoup d’amateurs considèrent comme la plus authentique. Construites à la main en petit nombre, ces V8 sont aujourd’hui recherchées comme les dernières grandes GT anglaises d’une époque artisanale. Ses arguments sont nombreux. Le V8 de 5,3 litres, avec son vilebrequin forgé, ses bielles en acier au molybdène et ses quatre carburateurs Weber double corps, offre une poussée généreuse et une sonorité grave inimitable. D’après les chiffres d’usine, la V8 passe de 0 à 60 mph (96 km/h) en six secondes environ, dépasse les 240 km/h et croise sereinement à 120 km/h sur le rapport le plus long. La boîte automatique d’origine en fait une grande routière décontractée, la suspension avant indépendante assure un comportement solide, et l’habitacle à quatre places, avec ses sièges inclinables en cuir, offre un vrai confort de voyage. Sa silhouette, à la fois élégante et brutale, n’a rien perdu de sa présence, et la cote de ces V8 Weber ne cesse de progresser. Évidemment, une GT anglaise des années 70 a ses exigences. Les quatre carburateurs Weber demandent un réglage précis et un mécanicien qui les connaît, et le V8 boit sans complexe, comme il se doit pour un moteur de ce calibre. Sur ces voitures, la structure et les bas de caisse se surveillent de près face à la corrosion, l’électricité d’époque peut se montrer capricieuse, le refroidissement apprécie peu les embouteillages par forte chaleur, et l’entretien d’un V8 à quatre arbres se confie à des spécialistes. C’est le prix d’une mécanique de ce rang, et c’est tout l’intérêt d’un exemplaire déjà restauré par des gens qui savent ce qu’ils font. Celle-ci coche toutes les cases. Cette V8 Series 3 de 1978 est une authentique conduite à gauche d’origine, jamais convertie. Elle a été livrée neuve au Canada, où elle figure dans les registres de production du marché canadien, et elle est restée entre des mains privées depuis l’origine, notamment pendant de longues années chez un amateur et collectionneur canadien. Ses numéros de moteur et de châssis sont concordants. Elle a bénéficié d’une restauration complète, menée par des ateliers spécialisés du modèle sous la supervision de son propriétaire canadien : carrosserie, mécanique, électricité, suspension, intérieur et peinture. Depuis, elle n’a parcouru que quelques milliers de kilomètres. Elle porte une robe argent métallisé sur un intérieur en cuir bleu clair à passepoils bleu foncé, et elle est équipée de la climatisation, d’une isolation phonique renforcée, de la direction assistée, des vitres et du verrouillage électriques et d’un autoradio stéréo à cassette. Elle est vendue avec ses archives photo de restauration, ses factures, sa documentation d’entretien, ses justificatifs de provenance et des papiers européens qui facilitent son immatriculation dans l’Union européenne. Un dernier conseil : le jour où vous ferez le plein, ne regardez surtout pas le compteur de la pompe. Faites comme Aston Martin avec ses comptes dans les années 70 : fermez les yeux, gardez le sourire et croyez très fort en l’avenir. Ça leur a plutôt bien réussi.
















