Collection

Moto

La moto n'est pas un simple assemblage de métal et de cylindres : c'est une âme d'acier qui vibre à l'unisson de celle de l'homme, héritière d'un siècle de sueur, de génie et d'audace, des pistes poussiéreuses d'antan jusqu'aux asphaltes infinis de nos rêves. Chaque kilomètre avalé est une page d'histoire que l'on écrit du bout du poignet, chaque virage une déclaration d'amour à la liberté, chaque rugissement de moteur un hymne à ceux qui, avant nous, ont osé chevaucher le vent. Alors levons nos casques, car tant qu'il y aura une route et un cœur pour battre au rythme d'un piston, la passion de la moto ne mourra jamais !

Kawasaki Ninja 998 cc ZX-10 RR 200 ch1/9

Kawasaki · 2018

Kawasaki Ninja 998 cc ZX-10 RR 200 ch

1 000 km · Essence

Faisons un peu de mathématiques. Cette moto développe jusqu’à 210 chevaux pour 206 kilos, soit plus d’un cheval par kilo, un rapport que bien des supercars hors de prix envient en silence. Elle a été conçue pour gagner le championnat du monde de Superbike. Et en huit ans, elle a parcouru environ 1 000 km, soit à peu près 125 km par an : de quoi aller une fois par an au café le plus éloigné, par beau temps, et rentrer avant la pluie. Ce n’est pas une moto, c’est un pur-sang qu’on a gardé au box de peur qu’il se salisse. Voici la Kawasaki Ninja ZX-10RR de 2018, et elle a très, très envie de sortir. Le pedigree est à la hauteur. Depuis 2004, la Ninja ZX-10R est l’hypersportive de 1 000 cm³ de Kawasaki, et en 2016 une nouvelle génération développée main dans la main avec l’équipe officielle de Superbike en fait une arme absolue : Jonathan Rea et Kawasaki remportent six titres mondiaux d’affilée en Superbike, de 2015 à 2020, un record dans l’histoire de la discipline. Pour pouvoir aligner en course les pièces les plus pointues, le règlement impose d’en vendre une version route. C’est la naissance de la ZX-10RR, une série limitée exclusive, produite à seulement 500 exemplaires dans le monde pour 2018 et développée pour servir de base d’homologation au championnat du monde de Superbike (WorldSBK). Elle reçoit un moteur renforcé pour encaisser les contraintes de la compétition, des jantes forgées allégées et une selle monoplace. Autrement dit, la moto de route la plus proche possible de celle qui gagnait le dimanche. Ses arguments sont impressionnants. Le quatre-cylindres en ligne de 998 cm³ hurle jusqu’à des régimes que peu de moteurs de route connaissent, avec une allonge qui ne semble jamais s’arrêter. L’électronique est celle d’une machine de course : centrale inertielle, antipatinage, ABS en courbe, contrôle de départ et shifter pour passer les rapports sans débrayer. Le châssis, affûté en compétition, offre une précision chirurgicale, et l’ensemble procure ces sensations que seules les hypersportives d’homologation savent offrir. Rareté, palmarès et caractère : c’est le genre de moto qui prend de la valeur à mesure que la catégorie disparaît sous les normes. Évidemment, on n’achète pas une moto de course pour son confort. La position est radicale, avec beaucoup de poids sur les poignets, la selle monoplace interdit de prendre un passager, et la suspension ferme rappelle chaque défaut de la route. La chaleur du moteur se fait sentir dans les embouteillages, la consommation grimpe vite dès qu’on profite de ses chevaux, et un moteur conçu pour les hauts régimes demande un entretien rigoureux et régulier. C’est le prix à payer pour une moto qui ne fait aucun compromis. Celle-ci est une ZX-10RR de 2018, noire, vendue neuve en Suède, équipée de l’ABS et qui n’affiche qu’environ 1 000 km au compteur. Elle a reçu des tampons de protection à l’avant, un silencieux slip-on SC-Project, des leviers de frein et d’embrayage Ride-It, des mini-clignotants Kellermann Bullet homologués et un support de plaque court. Alors faites-nous plaisir : rattrapez le temps perdu. Au rythme où elle a roulé jusqu’ici, son rodage serait terminé vers 2050. Au vôtre, on parie sur la fin du mois.

22 000 €Hors frais d'import, de dédouanement, de transport et d'immatriculationNon immatriculable au MarocVoir la fiche →
BMW R18 1 802 cm³ First Edition 91 ch1/9

BMW · 2021

BMW R18 1 802 cm³ First Edition 91 ch

870 km · Essence

Chez BMW, on fabrique d’ordinaire des motos pour traverser le désert de Gobi en Gore-Tex, avec un ordinateur de bord plus intelligent que leur pilote. Puis un jour, à Munich, quelqu’un a regardé de l’autre côté de l’Atlantique et s’est posé une question vertigineuse : et si nous aussi, on faisait une moto inutilement énorme, généreusement chromée et parfaitement déraisonnable ? Les ingénieurs bavarois se sont donc attaqués au rock’n’roll avec la rigueur d’un tableau Excel, et ils sont allés jusqu’au bout : les modes de conduite de cette moto s’appellent, très sérieusement, « Rain », « Roll » et « Rock ». Voici la BMW R18 First Edition de 2021. Présentée en 2020, la R18 est la réponse de BMW aux grands customs américains, et la marque ne l’a pas fait à moitié. Elle s’inspire directement de la BMW R5 de 1936, l’une des plus belles motos de l’avant-guerre : cadre à double berceau, réservoir en goutte d’eau, filets peints à la main et arbre de transmission chromé laissé apparent, comme autrefois. Sous le réservoir bat le plus gros moteur bicylindre boxer jamais construit par BMW, un « Big Boxer » de 1 802 cm³ refroidi par air et par huile, avec ses culbuteurs et ses énormes cylindres qui débordent de chaque côté. La série « First Edition », qui a lancé le modèle, se distingue par ses finitions spécifiques : filets blancs, chromes supplémentaires et badges dédiés. Ses arguments sont nombreux. Le Big Boxer développe 91 chevaux et surtout 158 Nm de couple, disponibles très bas : on enroule à bas régime sur une vague de couple, dans un grondement grave et une légère vibration du bicylindre qui rappelle qu’il y a de la mécanique sous vos genoux. La position est détendue, la finition est d’un niveau que l’on attend de BMW, et la ligne fait tourner les têtes aux feux rouges comme sur les terrasses. Le tout se conduit avec une facilité surprenante pour une machine de ce gabarit, et la R18 s’est rapidement imposée comme la custom européenne de référence face aux américaines. Évidemment, une moto de ce calibre a les défauts de ses qualités. Avec environ 345 kg en ordre de marche, les manœuvres à l’arrêt demandent un peu d’anticipation, et les gros cylindres qui dépassent de chaque côté limitent l’angle en virage : la R18 préfère les grandes courbes aux épingles. Les cylindres chauffent les jambes par temps chaud dans les embouteillages, et la contenance du réservoir invite à des arrêts réguliers. Rien de rédhibitoire pour une moto conçue pour la balade et le plaisir, pas pour le chronomètre. Celle-ci est une R18 First Edition de 2021, noire, vendue neuve en Suède, qui n’affiche que 870 km au compteur : quasiment neuve. Elle est équipée de la marche arrière, précieuse pour manœuvrer un tel gabarit, des sacoches BMW, d’un pare-brise et d’un dosseret passager. Et le jour où un propriétaire de Harley vous expliquera, au feu rouge, que les Allemands ne comprennent rien au rock’n’roll, ne répondez pas. Laissez-le partir devant. Vous le retrouverez un peu plus loin sur le bas-côté, après avoir évité les pièces que sa moto a semées en chemin, pendant que la vôtre ronronnera avec la régularité d’une horloge bavaroise. Chez BMW, même la rébellion a un mode d’emploi, et une garantie de fiabilité.

18 000 €Hors frais d'import, de dédouanement, de transport et d'immatriculationVoir la fiche →
Peugeot Type 57 125 cm³ TM Triporteur 4,5 ch1/3

Peugeot · 1958

Peugeot Type 57 125 cm³ TM Triporteur 4,5 ch

0 km depuis restauration · Essence

Nous allons vous faire jouer à un jeu : fermez les yeux. Vous êtes un jeune marchand français dans les années 50, plein d'ambition mais sans gros moyens, et vous voulez faire vos livraisons en ville le plus vite possible ! Vous enfoncez votre béret sur le sommet du crâne, vous enfilez votre culotte et vos bottes de moto (pour citer Piaf), une écharpe pour vous protéger du froid, et vous vous dites : « Cette fois-ci, je vais faire mes livraisons encore plus vite qu'hier ! » Ça vous a plu ? Eh bien, devinez quoi : nous avons ce qu'il vous faut pour le vivre ! Le type 57 TM, aussi appelé TN 57, est la dernière évolution du triporteur à moteur Peugeot, une lignée née en 1939 avec le TN 53 de 100 cm³. Le TN 55 de 1949 avait adopté pour la première fois le 125 cm³. Présenté au Salon de Paris en 1954, le 57 TM est produit jusqu'en 1958 ou 1959 selon les sources. C'est un utilitaire léger à trois roues : deux roues directrices à l'avant, qui portent une caisse de chargement, et une roue motrice à l'arrière. La publicité d'époque le vante comme « le plus économique des moyens de livraisons rapides ». Dans la France de la reconstruction, où la camionnette reste un luxe pour beaucoup, il comble le vide entre le triporteur à pédales et le véhicule utilitaire. Les PTT, EDF, GDF, les porteurs de journaux et des milliers de commerçants et d'artisans l'adoptent. Sous son allure rustique, il cache une vraie réflexion technique. Son moteur vient des motos Peugeot 125 : un monocylindre deux-temps de 51 × 60 mm qui développe 4,5 ch à 4 600 tr/min. Il est refroidi par une turbine entraînée par courroie, qui force l'air sur le cylindre même à basse vitesse et en pleine charge. Une boîte 3 vitesses à commande manuelle transmet la puissance à la roue arrière. L'allumage se fait par volant magnétique, en 6 volts. À l'avant, Peugeot applique des solutions de voiture, avec des roues indépendantes et une direction à essieu brisé inspirée de ses automobiles. La caisse reste fixe et seules les roues braquent, ce qui donne une direction plus légère et une meilleure stabilité que chez la plupart des concurrents. Par rapport au TN 55, le 57 TM adopte des ailes plates qui augmentent la surface de chargement et un phare unique plus puissant. À partir de 1956, ses trois roues sont de même diamètre et interchangeables, chaussées de pneus 550 × 85. Il mesure environ 2,35 m de long pour 1,15 m de large et pèse environ 120 kg à vide. Il transporte jusqu'à 150 kg de marchandises à environ 45 km/h en consommant environ 3 litres aux 100 km. Il était proposé en trois versions : sans caisse, avec caisse en bois ouvrant à l'avant, ou avec caisse fermée à couvercle. Une capote de protection pour le conducteur était disponible en option. Les caisses servaient souvent de support publicitaire aux commerçants. Environ 28 000 triporteurs Peugeot 125 ont été produits entre 1949 et 1959, TN 55 et 57 TM confondus. Un exemplaire de 1958 appartient donc à la toute fin de série, dans sa configuration la plus aboutie. Usés par des années de travail quotidien, peu ont survécu. Mais celui-ci, si ! Et il est dans un état impeccable, entièrement restauré. Alors, qu'attendez-vous ?

6 000 €Hors frais d'import, de dédouanement, de transport et d'immatriculationVoir la fiche →
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