Maserati · 06/2018
Maserati Granturismo 4,7 V8 MC Stradale 460 ch
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- Marque
- Maserati
- Modèle
- Granturismo MC Stradale
- Année
- 06/2018
- Kilométrage
- 41 000 km
- Moteur
- V8 atmosphérique 4,7
- Propriétaires
- 1
- Puissance
- 460 ch
- Énergie
- Essence
- Boîte
- Automatique 6 rapports
- Couleur extérieure
- Noir
- Couleur intérieure
- Cuir Beige
Il y a des voitures que l’on achète pour arriver au restaurant avec une belle montre au poignet, et puis il y a celles que l’on achète pour que le trajet jusqu’au restaurant soit finalement plus intéressant que le dîner lui-même. La Maserati GranTurismo MC Stradale appartient sans hésitation à la seconde catégorie. Elle n’a pas besoin d’un aileron démesuré, de vingt modes de conduite ou d’un écran de la taille d’un téléviseur pour annoncer ses intentions. Elle possède une ligne signée Pininfarina, un V8 atmosphérique de 4,7 litres et cette élégance un peu insolente propre aux grandes GT italiennes. Quant à sa sonorité, elle fait partie de ces rares choses que l’on apprécie difficilement à travers une vidéo : il faut l’entendre en vrai pour comprendre pourquoi certains considèrent encore les V8 atmosphériques comme l’une des plus belles inventions de l’automobile. L’histoire de la MC Stradale commence avec une ambition assez simple : rapprocher la GranTurismo de l’univers de la compétition sans lui faire perdre son élégance. Présentée en 2010, la première MC Stradale s’inspire directement des voitures engagées par Maserati en compétition. Elle adopte alors une configuration radicale à deux places, une aérodynamique spécifique et une mécanique pensée pour les conducteurs qui préfèrent les trajectoires aux conversations mondaines. En 2013, la formule évolue avec une version plus puissante, développant 460 chevaux grâce au V8 de 4,7 litres, et une configuration désormais disponible avec quatre places. La voiture conserve ainsi son caractère sportif tout en retrouvant une partie de la polyvalence qui fait le charme de la GranTurismo. Une sorte de compromis à l’italienne : pouvoir emmener des amis, à condition qu’ils comprennent pourquoi vous avez choisi le détour le plus long. Sous le capot, on retrouve donc le fameux V8 atmosphérique de 4 691 cm³, une mécanique issue de la collaboration technique entre Maserati et Ferrari. Ici, pas de turbocompresseur pour gonfler artificiellement les chiffres ni de couple disponible dès les premiers tours pour vous dispenser de solliciter le moteur. La puissance se construit progressivement, la réponse à l’accélérateur reste naturelle et le caractère mécanique s’exprime pleinement à mesure que l’aiguille grimpe. Dans sa configuration MC Stradale de 460 chevaux, le moteur délivre 520 Nm à 4 750 tr/min et atteint sa puissance maximale à 7 000 tr/min. Le résultat est à la hauteur : environ 4,5 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et une vitesse de pointe annoncée à 303 km/h. Des performances toujours sérieuses, même face à des sportives beaucoup plus récentes. Mais réduire cette Maserati à ses chiffres serait passer à côté de l’essentiel : sa mécanique possède une personnalité bien à elle, avec cette sonorité grave puis métallique qui accompagne les montées en régime. Un V8 qui ne se contente pas de pousser fort, mais qui sait aussi se faire entendre. La transmission mérite également que l’on s’y attarde. La véritable MC Stradale de cette génération reçoit une boîte robotisée MC Race Shift à six rapports, associée à une architecture transaxle qui place la transmission à l’arrière afin de favoriser la répartition des masses. En conduite sportive, les changements de rapport sont rapides et francs, tandis que les modes de conduite modifient la réponse mécanique et le comportement de la boîte. Il faut néanmoins garder à l’esprit que cette transmission n’est pas une automatique moderne à convertisseur de couple. Son embrayage et son fonctionnement robotisé demandent un peu d’indulgence dans les manœuvres et les embouteillages. Elle préfère nettement les routes dégagées aux longues files de voitures, et l’on ne saurait vraiment lui en vouloir. Après tout, on ne choisit pas une MC Stradale pour découvrir les joies de la circulation urbaine. Visuellement, la Maserati réussit quelque chose que beaucoup de sportives modernes ont oublié : être spectaculaire sans devenir caricaturale. La silhouette de la GranTurismo, dessinée par Pininfarina, reste l’une des plus élégantes de sa génération. Le long capot, le pavillon fuyant, les ailes arrière généreuses et les proportions de grand coupé composent une ligne qui semble avoir été dessinée pour traverser les décennies. La MC Stradale ajoute à cette base des éléments plus agressifs : boucliers spécifiques, capot en fibre de carbone avec prises d’air, bas de caisse, diffuseur arrière et appendice aérodynamique. Les jantes de 20 pouces renforcent encore la présence de l’ensemble. Rien n’est totalement gratuit, même si l’on soupçonne volontiers les designers italiens d’avoir consacré quelques heures supplémentaires à la seule satisfaction de nos yeux. L’intérieur poursuit cette même logique. On retrouve une ambiance sportive sans renoncer au raffinement attendu d’une Maserati, avec des sièges enveloppants, du cuir, de l’Alcantara et des éléments en fibre de carbone selon la configuration. Les palettes au volant rappellent les ambitions de la voiture, tandis que l’habitacle conserve les commandes et l’atmosphère d’une véritable GT. Dans sa configuration quatre places, la GranTurismo permet également d’embarquer des passagers à l’arrière, même si ceux-ci apprécieront davantage les trajets courts que les longues étapes. Le coffre et les équipements de confort lui permettent néanmoins de sortir du rôle de voiture du dimanche. Elle peut parfaitement traverser plusieurs pays, rejoindre un hôtel sur la côte italienne ou avaler plusieurs centaines de kilomètres sans vous donner l’impression de participer à une séance d’entraînement. C’est précisément ce mélange de sportivité et de confort qui rend la GranTurismo si attachante. Le freinage et le châssis sont à la hauteur du programme. Les exemplaires MC Stradale équipés de freins carbone-céramique bénéficient d’un dispositif conçu pour résister à des sollicitations soutenues, tandis que les réglages de suspension privilégient une conduite plus précise que ceux d’une GranTurismo conventionnelle. La voiture reste toutefois une grande GT, avec un gabarit et une masse qui ne lui permettront jamais de rivaliser avec une petite sportive légère dans les enchaînements les plus serrés. Ce n’est d’ailleurs pas sa vocation. Elle préfère les grandes courbes, les routes rapides et les longues accélérations où son moteur et son châssis peuvent réellement s’exprimer. Elle ne cherche pas à être la meilleure partout, mais à offrir une expérience suffisamment singulière pour que l’on se souvienne du trajet longtemps après avoir coupé le contact. Évidemment, une Maserati de cette catégorie ne s’achète pas sans regarder ce qui se cache derrière son élégante carrosserie. Le V8 atmosphérique est une mécanique capable d’offrir de belles performances sur la durée, à condition de respecter son entretien. L’historique des vidanges, les éventuelles fuites, le circuit de refroidissement, les supports moteur et les périphériques doivent être contrôlés. Sur la version équipée de la boîte robotisée MC Race Shift, l’état de l’embrayage, le fonctionnement du système hydraulique et la qualité des passages de rapports sont particulièrement importants. Les trains roulants, les silentblocs, les amortisseurs, les jantes et les éléments en carbone méritent également une inspection attentive. Quant aux freins carbone-céramique, leur état doit être vérifié par un spécialiste : leur remplacement peut représenter un budget conséquent. Enfin, l’électronique de confort et les équipements de l’habitacle ne doivent pas être négligés. Une inspection préachat réalisée par un spécialiste Maserati n’est donc pas un luxe, mais une précaution élémentaire. Le prix d’achat est une chose ; le coût de possession en est une autre. Un point mérite d’ailleurs une attention particulière pour tout exemplaire annoncé de 2018. La véritable GranTurismo MC Stradale de 460 chevaux, introduite en 2013, ne doit pas être confondue avec la GranTurismo MC restylée de l’année-modèle 2018. Cette dernière conserve le V8 atmosphérique de 4,7 litres et ses 460 chevaux, mais adopte une boîte automatique ZF à six rapports, une face avant redessinée et un système multimédia modernisé. Les deux modèles partagent donc une partie de leur philosophie, mais ne sont pas identiques sur le plan technique. La date de première immatriculation ne suffit pas à déterminer la version exacte : la fiche de fabrication, le numéro de châssis et les caractéristiques de la transmission doivent confirmer l’appellation. Pour un amateur averti, cette distinction compte autant pour l’authenticité que pour la valeur de l’exemplaire. Alors, que reste-t-il à cette Maserati face aux sportives modernes ? Beaucoup, justement. Elle n’est ni la plus légère, ni la plus économique, ni la plus rapide sur un circuit. Elle ne dispose pas des dernières technologies d’assistance et ne cherche pas à transformer chaque trajet en démonstration informatique. En revanche, elle possède une ligne intemporelle, un V8 atmosphérique de grande cylindrée et une personnalité mécanique devenue rare. Elle rappelle une époque où l’on pouvait encore choisir une voiture parce qu’elle nous faisait ressentir quelque chose, sans avoir besoin de justifier chaque décision par un tableau de performances. Et c’est probablement ce qui lui permettra de conserver son attrait auprès des amateurs, bien après que certains modèles plus récents auront perdu leur intérêt de nouveauté. Alors oui, vous pourriez acheter un coupé moderne plus rapide, plus connecté et plus efficace sur le papier. Vous pourriez aussi choisir une voiture raisonnable, silencieuse, économique et parfaitement adaptée à vos déplacements quotidiens. Mais aucune de ces qualités ne répond vraiment à la question que pose une GranTurismo MC Stradale : qu’est-ce qui vous donne encore envie de prendre la route simplement pour le plaisir de conduire ? Parce qu’au fond, on ne choisit pas une Maserati de 460 chevaux pour aller d’un point A à un point B. On la choisit pour le plaisir de tourner la clé, pour cette sonorité de V8 qui accompagne les accélérations, pour cette silhouette que l’on se retourne encore regarder une fois garé, et pour cette impression délicieusement irrationnelle que le trajet mérite autant d’attention que la destination. Et si quelqu’un vous demande pourquoi vous avez acheté un grand coupé italien plutôt qu’une voiture plus récente, plus rapide ou plus raisonnable, inutile de lui préparer un argumentaire. Faites simplement démarrer le V8. Certaines explications gagnent à être données en musique.

