Mercedes · 1990
Mercedes 300 3.0 TE 180 ch
Nos tarifs ne comprennent pas les frais d'import, de dédouanement et d'immatriculation. Nous établissons sur demande et gratuitement un devis détaillé en fonction des besoins du client pour les inclure au prix final.
- Marque
- Mercedes
- Modèle
- 300 TE
- Année
- 1990
- Kilométrage
- 163 500 km
- Moteur
- six-cylindres en ligne 3.0
- Puissance
- 180 ch
- Énergie
- Essence
- Boîte
- Automatique 4 rapports
- Couleur extérieure
- Bleu clair (355 Diamantblau metallic)
- Couleur intérieure
- velours bleu (962)
Il fut un temps où l'on n'achetait pas une voiture pour son écran tactile ni pour le nombre de prises USB, mais parce qu'elle allait vous survivre, à vous et probablement à votre banquier. Cette époque a un nom : la Mercedes 300 TE. Pendant que les SUV d'aujourd'hui se demandent encore s'ils sont des 4x4 ou des monospaces, elle savait déjà en 1990 ce qu'elle était : un break de prestige capable d'emmener la famille, le chien, les valises et la caravane à plus de 200 km/h, avec la sérénité d'un notaire un dimanche matin. Son histoire commence en 1985, lorsque Mercedes présente au salon de Francfort la version break de sa nouvelle gamme intermédiaire, la série 124. On l'appelle le « T-Modell », T pour Tourisme et Transport. Le dessin vient de l'équipe de Bruno Sacco et l'ingénierie d'une époque où les ingénieurs avaient encore le dernier mot sur les comptables. Le cahier des charges était simple et ambitieux : un break qui ne soit plus un utilitaire déguisé mais une vraie voiture de prestige, aussi confortable, sûre et rapide qu'une grande berline. Le résultat a créé le break de luxe moderne, et toute la concurrence a passé les années suivantes à essayer de le rattraper. La version de 1990 profite du premier restylage, avec ses panneaux latéraux de protection, ses chromes et sa présentation plus cossue. Elle garde le six-cylindres 12 soupapes, apprécié pour sa simplicité et sa robustesse. Seuls 41 775 exemplaires de la 300 TE propulsion ont été construits, sur un peu plus de 340 000 breaks de la série. C'est peu, et c'est encore moins aujourd'hui, car beaucoup ont fini usés jusqu'à la corde, exportés ou rongés par la rouille. Ses qualités sont nombreuses et toujours d'actualité. Tout commence par son moteur, un six-cylindres en ligne de 3 litres et 180 chevaux. C'est l'architecture la plus équilibrée qui soit, naturellement exempte de vibrations, avec une souplesse remarquable dès les bas régimes et ce ronronnement feutré qui fait le charme des Mercedes de cette génération. Il emmène la voiture à 212 km/h et autorise des croisières à 160 ou 180 km/h sur autoroute dans un calme de salon. Sa distribution par chaîne évite les remplacements périodiques de courroie, et ses poussoirs hydrauliques n'ont jamais besoin de réglage. Le châssis est à la hauteur : l'essieu arrière multibras à cinq bras par roue, une technologie de pointe à l'époque, lui donne une stabilité imperturbable à haute vitesse et un comportement sain et prévisible en virage. La direction assistée à recirculation de billes est douce et précise. Les quatre freins à disques, ventilés à l'avant, sont épaulés par l'ABS. Son correcteur d'assiette hydropneumatique, de série, garde l'arrière parfaitement à niveau quel que soit le chargement. Les phares restent bien réglés, la tenue de route reste intacte, et la voiture garde son confort et son équilibre, que l'on transporte trois sacs de courses, une armoire normande ou une caravane accrochée à l'attelage. Côté pratique, la 300 TE est une référence. Le hayon descend jusqu'au pare-chocs pour un seuil de chargement bas, et la banquette fractionnable 1/3 – 2/3 se rabat pour former un plancher pratiquement plat, avec près de 2 000 litres de volume disponible. Le cache-bagages, le filet de séparation et les barres de toit sont d'origine, et une troisième rangée de deux sièges enfants dos à la route était proposée, ce qui en faisait l'une des rares voitures de prestige à sept places. Le confort de bord est celui d'une grande berline : sièges réputés pour leur maintien sur les longs trajets, matériaux d'une solidité légendaire, insonorisation soignée et visibilité panoramique grâce aux surfaces vitrées généreuses. Même l'essuie-glace monobras, dont le bras s'allonge en cours de course, balaie environ 86 % du pare-brise. La sécurité était un modèle pour l'époque, avec une structure conçue pour le choc frontal décalé bien avant que les crash-tests modernes ne l'imposent, une cellule de survie rigide et des zones de déformation programmées. La conception aérodynamique de la série 124, l'une des plus abouties de son temps, contribue autant à son silence qu'à sa stabilité. Sa ligne signée Sacco a traversé les décennies sans prendre une ride, élégante et discrète, toujours reconnaissable au premier coup d'œil. Sa construction lui vaut le surnom de « dernière vraie Mercedes » : tôles épaisses, assemblages rigoureux, pièces dimensionnées pour durer. Il n'est pas rare de voir ces voitures dépasser les 500 000 kilomètres. Enfin, elle est simple à faire vivre. Sa mécanique sans électronique superflue se comprend et se répare, les pièces restent largement disponibles auprès de Mercedes-Benz Classic comme des grands équipementiers, et une communauté de passionnés très active partage conseils et savoir-faire. Ajoutez une cote qui grimpe d'année en année et une rareté croissante : c'est l'une des rares voitures qu'on peut utiliser au quotidien tout en la regardant prendre de la valeur. Par honnêteté, il faut aussi rappeler les points connus du modèle, que tout amateur sérieux connaît. Sur ce six-cylindres, le joint de culasse peut fuir avec l'âge. La chaîne de distribution et ses patins se surveillent à fort kilométrage. L'injection Bosch KE-Jetronic demande un mécanicien qui la connaît. Les sphères du correcteur d'assiette s'usent avec le temps. Comme toutes les voitures de cette génération, la carrosserie doit être surveillée aux points de levage, au bas du hayon et sous les panneaux latéraux. Ce ne sont pas des défauts rédhibitoires mais les points d'entretien classiques d'une voiture de 36 ans. Une 300 TE suivie avec sérieux reste l'une des mécaniques les plus endurantes jamais produites. L'exemplaire proposé ici a justement bénéficié de ce sérieux. Il affiche 163 000 kilomètres d'origine, un kilométrage modeste pour un moteur capable d'en parcourir plusieurs fois plus. Il a été restauré par son propriétaire avec soin et passion, et sa peinture a été entièrement refaite. Il est vendu avec ses documents et son suivi, qui permettent de retracer sa vie et l'entretien dont il a bénéficié et qui sont à la disposition de tout acheteur intéressé. C'est une voiture qui a été aimée, entretenue et remise en valeur, prête à reprendre la route pour les vacances, les week-ends ou le quotidien de quelqu'un qui préfère l'élégance discrète aux modes passagères. La garantie du constructeur a expiré en 1992. Sa garantie de survie, elle, reste supérieure à celle de votre prochaine voiture neuve. Mercedes a mis des années à concevoir une voiture indestructible, puis les trente années suivantes à éviter de refaire la même erreur.

