Ferrari · 1967
Ferrari 275 3,3 V12 GTB/4 300 ch
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- Marque
- Ferrari
- Modèle
- 275 GTB/4
- Année
- 1967
- Kilométrage
- 82 000 km
- Moteur
- V12 atmosphérique 3,3
- Puissance
- 300 ch
- Vitesse maximale
- 268 km/h
- 0 à 100 km/h
- 6 s
- Énergie
- Essence
- Boîte
- Manuelle 5 rapports
- Couleur extérieure
- Rouge
- Couleur intérieure
- Cuir Noir
Il existe deux sortes de Ferrari 275 GTB/4. Il y a celles qui dorment dans des bulles climatisées sous l’œil d’un gestionnaire de patrimoine, qui n’ont pas vu une goutte de pluie depuis Woodstock et dont le compteur avance moins vite que leur cote. Et il y a celle-ci, qui a roulé, couru le Tour Auto et accumulé 82 000 km et une patine qu’aucun restaurateur au monde ne sait imiter. Vous l’aurez compris : ce n’est pas un placement financier. Enfin si, évidemment. Mais c’est d’abord une voiture. Voici la Ferrari 275 GTB/4 de 1967. La 275 GTB naît en 1964 et marque une révolution chez Ferrari : pour la première fois sur une berlinette de route de la marque, la boîte de vitesses passe à l’arrière, accolée au pont, et les roues arrière deviennent indépendantes. En 1966, Maranello pousse la logique plus loin avec la GTB/4 : son V12 Colombo de 3,3 litres reçoit quatre arbres à cames en tête, deux par rangée de cylindres. C’est la première Ferrari de route à moteur avant dotée de cette architecture directement issue de la course, avec six carburateurs Weber et une lubrification par carter sec. La ligne est signée Pininfarina, la carrosserie est construite par Scaglietti, et la production, arrêtée en 1968, ne dépasse guère les 330 exemplaires. Aujourd’hui, la 275 GTB/4 figure parmi les Ferrari les plus désirées de toute l’histoire de la marque. Ses arguments relèvent de l’œuvre d’art. Le V12 développe 300 chevaux et grimpe dans les tours avec un chant métallique qui reste l’une des plus belles musiques jamais composées à Maranello. La boîte manuelle à grille, le long capot, l’habitacle reculé et l’équilibre apporté par la boîte à l’arrière en font une grande routière d’une efficacité remarquable pour son époque. La ligne, tendue et sensuelle à la fois, est considérée comme l’une des plus belles berlinettes jamais dessinées. Rareté, pedigree et noblesse mécanique : peu de voitures réunissent autant de qualités, et sa cote reflète ce statut d’icône absolue. Évidemment, une Ferrari de 1967 se mérite. Les six carburateurs Weber demandent un réglage précis et un mécanicien qui connaît leur langage, et le carter sec comme le circuit de refroidissement réclament une attention constante. L’embrayage est ferme, la direction lourde à basse vitesse, et le freinage, excellent pour l’époque, appartient tout de même aux années 60. Enfin, l’entretien d’un V12 à quatre arbres se confie exclusivement à des spécialistes, et le prix des pièces n’a rien à voir avec celui d’une voiture ordinaire. C’est le tribut normal d’une mécanique de ce rang. Celle-ci a une histoire limpide. Livrée neuve à Madrid par l’importateur officiel de l’époque, en Argento sur cuir Nero, elle a été importée en Suisse dans les années 1970 et n’en est plus jamais repartie. Elle porte aujourd’hui une robe rouge avec intérieur en cuir noir. Elle affiche 82 000 km d’origine et ses numéros sont concordants pour le châssis, le moteur, la boîte et le pont. Elle est certifiée Ferrari Classiche et dispose du statut de véhicule vétéran en Suisse. Régulièrement utilisée et entretenue, elle a participé à plusieurs reprises au Tour Auto, puis a été conservée à l’abri et avec soin ces dernières années. Elle est vendue avec son dossier de factures, et sa patine raconte une vie de vraie Ferrari, conduite comme il se doit. Alors, le jour où votre conseiller financier vous demandera pourquoi vous ne la mettez pas sous cloche, regardez-le avec compassion. Expliquez-lui qu’un V12 à quatre arbres qui ne chante pas, c’est le seul placement qui perde vraiment de sa valeur : celle du plaisir. Puis montez à bord, et laissez-le compter les kilomètres.

