Mercedes-Benz · 1986
Mercedes-Benz 500 5,0 V8 SL R107 245 ch
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- Marque
- Mercedes-Benz
- Modèle
- 500 SL R107
- Année
- 1986
- Kilométrage
- 119 091 km
- Moteur
- V8 5,0
- Puissance
- 245 ch
- Vitesse maximale
- 225 km/h
- 0 à 100 km/h
- 7,3 s
- Énergie
- Essence
- Boîte
- Mercedes 4G-Tronic ( Automatique 4 rapports )
- Couleur extérieure
- Bleu Metallique
- Couleur intérieure
- Cuir Bleu foncé
1986 : La France découvre la cohabitation, Maradona marque de la main contre l’Angleterre en pleine Coupe du monde, « Top Gun » remplit les salles, la comète de Halley passe nous faire coucou avant de repartir jusqu’en 2061, et les épaulettes atteignent des proportions qu’aucun architecte n’aurait validées. Pendant ce temps, chez Mercedes, on continue tranquillement de fabriquer l’une des voitures les plus élégantes de l’époque : la 500 SL. Il faut dire que la SL de la série R107 en avait vu d’autres. Lancée en 1971 pour succéder à la célèbre « Pagode » et dessinée par Friedrich Geiger et Joseph Gallitzendörfer, elle a traversé les pattes d’éléphant, le disco, le punk et les épaulettes sans jamais changer de costume. Sa production a duré dix-huit ans, jusqu’en 1989, quelques mois avant la chute du mur de Berlin : seul le Classe G a fait plus long dans l’histoire de Mercedes. Au total, 237 287 roadsters sont sortis des chaînes. La 500 SL, arrivée en 1980 avec un V8 de 5 litres en aluminium, a eu l’honneur de fermer la marche : le tout dernier exemplaire de la série, une 500 SL rouge construite le 4 août 1989, est exposé au musée Mercedes de Stuttgart. Entre-temps, la R107 était devenue la voiture de ceux qui avaient réussi, à l’écran comme dans la vie : dans « Pour l’amour du risque », les Hart menaient leurs enquêtes au volant d’une SL de cette série. Sous le long capot, le V8 de 4 973 cm³ développe selon les versions entre 223 et 245 chevaux, à une époque où personne n’avait encore inventé le mot « downsizing ». Il emmène la voiture à 225 km/h et la fait passer de 0 à 96 km/h en environ 7,4 secondes, avec une souplesse et une sonorité feutrée qui n’ont pas pris une ride. La seule boîte proposée sur la 500 SL est une automatique à quatre rapports, idéale pour une conduite tout en décontraction. Les modèles 1986 profitent des dernières évolutions de la série : injection KE-Jetronic, jantes de 15 pouces, freins avant agrandis et plusieurs éléments de carrosserie galvanisés, ce qui en fait l’une des R107 les plus abouties. Ajoutez une construction d’une solidité devenue légendaire, des pièces toujours bien suivies par Mercedes et par les spécialistes, une ligne qui ne s’est jamais démodée, contrairement à la plupart des choses achetées en 1986, et une cote qui ne cesse de progresser. Il faut tout de même connaître ses petites faiblesses, qui datent, elles aussi, d’une autre époque. La rouille peut s’installer dans les planchers, le plancher de coffre, les bas de caisse, autour des fixations du berceau avant, en bas des portes et dans les pare-chocs, même si les modèles d’après 1986 sont les mieux protégés. Sur le V8, la chaîne de distribution et ses patins sont à surveiller de près au-delà de 100 000 km. L’injection KE-Jetronic peut maintenir un ralenti un peu haut, les poussoirs hydrauliques finissent parfois par cliqueter, et les collecteurs d’échappement peuvent se fissurer. Le verrouillage centralisé et certaines commandes de chauffage fonctionnent par dépression, une technologie d’un temps où l’électronique embarquée tenait dans une calculatrice Casio, et ils sont sujets aux fuites. Enfin, les silentblocs du berceau arrière vieillissent, et la consommation reste celle d’un V8 de 5 litres conçu bien avant que quiconque parle de bilan carbone. Une R107 suivie avec sérieux encaisse tout cela sans broncher. Celle-ci a été suivie avec sérieux. C’est une 500 SL de 1986, en bleu métallisé avec un intérieur en cuir bleu parfaitement assorti. Livrée neuve en Europe et construite aux spécifications européennes, elle a ensuite tenté l’aventure américaine pendant une partie de sa vie, avant de revenir en Europe il y a quelques années. Elle totalise 73 766 miles, soit environ 118 700 km. C’est une voiture très originale et bien soignée, sans aucune modification et surtout pas sur-restaurée : simplement une SL authentique, telle que Mercedes l’a conçue. Son V8 tourne rond et avec vigueur, sa tenue de route est excellente, sa direction est détendue mais précise, et son intérieur a exactement l’âge qu’il doit avoir, sans excès de neuf ni signes de fatigue. Une révision importante a été réalisée en août 2025, avec le renouvellement complet des freins et de la suspension, pour environ 3 200 €. Elle dispose de papiers néerlandais, qui facilitent l’immatriculation dans l’Union européenne, et d’un contrôle technique néerlandais valable jusqu’en juillet 2026. Quarante ans plus tard, nous n'avons pas gardé grand chose de 1986 : le Minitel a été débranché, plus personne ne rembobine ses cassettes avec un crayon, et les épaulettes ont eu la décence de disparaître (vérifiez encore au fond de certaines armoires et jetez moi ça dans le feu). La 500 SL, elle, n’a jamais quitté la mode. Il faut croire qu’au milieu de tant d’erreurs de goût, Mercedes était la seule à avoir vu juste.

