La Ferrari 250 GT California la plus célèbre du monde n’en était pas une. Dans La Folle Journée de Ferris Bueller, celle qui finit à travers la baie vitrée était une réplique, et personne dans la salle n’a demandé à être remboursé. Celle-ci a un sérieux avantage sur la star de cinéma : sous sa robe, tout est Ferrari. Le châssis, le V12 et la boîte de vitesses, et, à en croire son histoire, les ouvriers de Maranello qui l’ont transformée. Voici la Ferrari 250 GT California Spyder recréation.
La vraie California est née à la fin des années 1950 d’une demande du marché américain : une 250 GT découvrable, légère et sportive, pour rouler cheveux au vent sur la côte Ouest. Carrossée par Scaglietti sur un dessin Pininfarina, elle n’a été produite qu’à une centaine d’exemplaires entre 1957 et 1963, et elle est devenue l’une des Ferrari les plus désirables jamais construites. En 2015, la California d’Alain Delon, retrouvée dans une grange, a dépassé les 16 millions d’euros aux enchères. À ce prix-là, même son propriétaire n’ose plus la sortir du garage.
C’est tout l’intérêt de celle-ci. Elle a commencé sa vie comme une Ferrari 250 GT, puis elle a été transformée en California Spyder dans les années 1960. Selon son histoire, appuyée par un document de l’Automobile Club d’Italia, ce sont des employés de l’usine de Maranello qui se sont cotisés pour acheter une 250 GT et la transformer avec des pièces Ferrari d’origine. La manière exacte dont ces pièces ont été obtenues n’est pas documentée, mais le récit est resté le même d’un propriétaire à l’autre. Elle offre la ligne, le son du V12 Colombo et la sensation d’une California, avec un châssis et un moteur Ferrari matching numbers. Et elle se conduit sans avoir à penser à chaque kilomètre qu’on roule sur seize millions d’euros. Restaurée au niveau concours, elle a toute la présence d’une Ferrari des années 1960, avec en prime le droit de s’en servir.
Soyons honnêtes : ce n’est pas une California d’usine, et elle ne sera jamais cotée comme telle. Son histoire de transformation par des ouvriers de Maranello est séduisante, mais elle n’est pas entièrement documentée. Comme toute Ferrari des années 1960, elle demande un spécialiste pour régler ses carburateurs, une conduite attentive sans aucune assistance, et des pièces qui se paient au tarif d’une légende.
Celle-ci a été immatriculée pour la première fois à Bologne, et elle est restée en Italie jusqu’à il y a quelques années. Son historique de propriété est connu et documenté : Andrea A., Marco B., Mariano C., Mario R. et Renato A. se sont succédé à son volant avant son propriétaire actuel. Elle est légalement enregistrée comme Ferrari 250 GT California Spyder, et reconnue comme cabriolet. En 2019, elle a bénéficié d’une restauration complète au niveau concours en Italie, fidèle aux spécifications d’origine de Ferrari. La seule modification est un refroidissement amélioré par des ventilateurs SPAL, pour l’adapter à la circulation moderne. Elle affiche environ 40 000 km depuis l’origine, dont 3 084 km seulement au compteur depuis sa restauration : une voiture qui a peu roulé en plus de soixante ans, et encore moins depuis qu’elle est redevenue parfaite. Elle a récemment reçu un réglage des carburateurs, un nouveau contacteur d’allumage, des bougies neuves et une vidange de tous les fluides. Son moteur et son châssis sont matching numbers, et toutes les pièces Ferrari de la transmission et de la carrosserie, dont le V12 et la boîte manuelle, sont considérées comme d’origine ou d’époque. Elle porte une robe rouge, un intérieur en cuir fauve et des jantes à rayons. Elle se trouve actuellement en Suède.
Des ouvriers de Maranello ont monté cette voiture avec des pièces sorties de l’usine. Comment elles en sont sorties, l’histoire ne le dit pas. Nous non plus. Il y a prescription.
Historique
restauration concours en Italie en 2019 ; récemment, réglage des carburateurs, contacteur d’allumage, bougies, vidange complète des fluides