Les Italiens ont un talent unique pour la poésie : Murciélago, Diablo, Aventador, des noms de taureaux de légende, de démons, de combats héroïques. Et puis, pour la version la plus folle de l’Aventador, ils ont regardé la voiture et l’ont baptisée… « Superveloce ». Super rapide. Pas de mythologie, pas de taureau, pas de légende : super rapide. C’est un peu comme baptiser son yacht « Compensation » : tout le monde comprend le message. Sauf qu’ici, au moins, il n’y a rien à compenser. Voici la Lamborghini Aventador LP 750-4 SV Superveloce.
Présentée au Salon de Genève en 2015, l’Aventador SV perpétue une tradition née avec la Miura SV en 1971, puis reprise par la Murciélago SV : chez Lamborghini, les deux lettres « SV » désignent la version la plus radicale d’un modèle. Par rapport à l’Aventador classique, elle gagne 50 chevaux, perd environ 50 kg grâce à un usage massif de la fibre de carbone, et développe beaucoup plus d’appui grâce à son grand aileron arrière réglable et à son aérodynamique retravaillée. Elle a bouclé le célèbre circuit du Nürburgring en moins de 7 minutes, un record pour une voiture de série à l’époque. Sa production a été limitée à 600 coupés, chacun portant une plaque « 1 di 600 ».
Ses arguments sont démesurés. Son V12 atmosphérique de 6,5 litres développe 750 chevaux et hurle jusqu’à 8 500 tr/min, avec une sonorité que plus aucune voiture neuve ne produit. Elle passe de 0 à 100 km/h en 2,8 secondes, dépasse les 350 km/h, et sa transmission intégrale, sa suspension magnétorhéologique et sa direction à démultiplication variable la rendent aussi précise que brutale. Avec son aérodynamique de compétition et son poids réduit, c’est l’Aventador la plus efficace de sa génération, et l’une des dernières grandes Lamborghini à V12 atmosphérique pur, ce qui explique l’intérêt croissant des collectionneurs.
Évidemment, une telle machine a son caractère. La boîte robotisée à simple embrayage passe les rapports avec brutalité à basse vitesse, et son embrayage s’use vite en ville. Le gabarit, la visibilité arrière limitée et la garde au sol réclament de la vigilance dans les parkings, la suspension raffermie ne fait aucun cadeau sur les routes dégradées, et l’entretien du V12 se confie au réseau Lamborghini ou à des spécialistes, avec des factures dignes de la bête. C’est le prix d’une Superveloce.
Celle-ci est une Aventador SV mise en circulation en avril 2015, qui affiche 13 300 km. Elle porte une robe bleu turquoise clair, des jantes forgées noires et un capot moteur transparent qui laisse voir le V12, et son habitacle en alcantara noir est rehaussé de touches turquoise, de sièges baquets à coque carbone brodés « SV » et de la plaque « Aventador SV 1 di 600 ». Elle est équipée de la navigation, de la caméra de recul, du combiné numérique, de la climatisation automatique, du régulateur de vitesse, des phares bi-xénon et feux LED, du système de levage de la caisse, des modes de conduite, des palettes au volant, du Bluetooth et de la surveillance de la pression des pneus. Elle se trouve actuellement en République tchèque.
Une dernière statistique : elle a bouclé le Nürburgring en 6 minutes et 59 secondes. Vous, il vous faudra un peu plus longtemps. Rien que pour sortir de la voiture sans vous coincer le dos.