Quelqu’un, en 2013, a signé un chèque à six chiffres pour cette Aston Martin DB9. Ce n’était pas vous. Vous avez toujours eu le talent de laisser les autres payer l’addition, et pour une fois, c’est une qualité. Le V12, la ligne et le blason n’ont pas bougé d’un millimètre. Seul le premier propriétaire a encaissé la décote. Voici l’Aston Martin DB9.
Présentée en 2003 au Salon de Francfort, la DB9 a ouvert une nouvelle ère pour Aston Martin. C’est la première voiture assemblée dans la nouvelle usine de Gaydon, sur une plateforme en aluminium collé, avec un V12 de 6 litres et une ligne qui fait encore référence. Pendant plus de dix ans, elle a été le visage de la marque, l’idée même du grand tourisme britannique : rapide, élégant, et parfaitement indifférent à ce que vous en pensez. En 2013, pour sa dernière grande évolution, Aston Martin lui offre ce qu’il a de mieux : le V12 AM11 porté à 510 chevaux, des freins carbone-céramique de série, et le style de la Virage, avec une calandre plus imposante, des feux de jour à LED, une lame avant plus affûtée, un becquet intégré au coffre et des jantes de 20 pouces.
Ses arguments tiennent en trois mots : V12, atmosphérique, Aston Martin. Le douze-cylindres de 6 litres développe 510 chevaux, emmène la voiture à 295 km/h et lâche une sonorité que l’on reconnaîtrait les yeux fermés. Les freins carbone-céramique allègent les masses non suspendues et ne connaissent pas la fatigue. Ses portes s’ouvrent en s’élevant légèrement, pour épargner les trottoirs autant que votre ego, et l’habitacle en cuir et aluminium rappelle à chaque trajet que la voiture a été construite à la main. Elle compte parmi les plus beaux grands tourismes du XXIe siècle, et la version 2013 en est la plus aboutie.
Soyons honnêtes : sa boîte automatique Touchtronic à six rapports n’a pas la vivacité d’une double embrayage moderne. Son système multimédia trahit son âge, et les deux places arrière relèvent davantage de l’étagère que de la banquette. Le V12 boit comme un lord un soir de mariage, et l’entretien d’une Aston se paie au tarif du blason. Le jour où il faudra remplacer les disques carbone-céramique, vous le sentirez passer.
Celle-ci est une DB9 de 2013 qui affiche 36 951 km. Livrée neuve à Stuttgart, en Allemagne, elle a été importée en Suède en 2015, où elle aurait connu deux propriétaires. Elle se présente dans un excellent état, et sa peinture serait d’origine sur l’ensemble des éléments. Elle porte une robe noire métallisée et un intérieur en cuir noir à surpiqûres contrastées. Elle est équipée d’un échappement Quicksilver qui libère la voix du V12, et l’échappement d’origine est fourni avec la voiture. Son historique compte douze entretiens, dont les onze premiers réalisés dans le réseau officiel Aston Martin. Le dernier a été fait en mai 2026, à 36 476 km, par Aston Hill à Stockholm, un spécialiste Aston Martin réputé. Elle se trouve actuellement en Suède.
Un dernier détail : les lettres DB sont les initiales de Sir David Brown, propriétaire d’Aston Martin de 1947 à 1972, un industriel qui avait fait fortune dans les engrenages et les tracteurs. Le plus beau grand tourisme de sa génération porte donc la signature d’un fabricant de tracteurs. C’est sans doute le seul tracteur capable de rouler à 295 km/h.