Pour lancer la Roma, Ferrari a choisi un slogan : « La Nuova Dolce Vita ». Dans le film de Fellini, Marcello Mastroianni passe près de trois heures à chercher un sens à sa vie, entre les fêtes, les nuits romaines et la fontaine de Trevi, sans jamais le trouver. Vous l’avez trouvé, vous. Il est gris, il fait 620 chevaux et il tient dans un garage. Voici la Ferrari Roma.
Présentée fin 2019 à Rome, la Roma avait une mission inhabituelle pour Ferrari : séduire ceux qui n’achetaient pas de Ferrari. Ceux qui les trouvaient trop rouges, trop bruyantes, trop voyantes pour leur réputation. Pour eux, le Centro Stile de Flavio Manzoni a dessiné une grande GT inspirée des Ferrari des années 1960 : un long capot, une poupe ramassée, et aucun appendice qui crie. Une Ferrari qui ne cherche pas à se faire remarquer, ce qui reste, pour une Ferrari, la manière la plus élégante de se faire remarquer. Le pari a réussi : Ferrari a beaucoup insisté sur le nombre de clients que la Roma a fait entrer pour la première fois dans la marque. Bienvenue au club, on ne vous attendait plus.
Sous ce costume trois-pièces se cache un V8 biturbo de 3,9 litres, issu d’une famille de moteurs plusieurs fois élue moteur de l’année. Il développe 620 chevaux, assez pour humilier la plupart des sportives avec la courtoisie de ne jamais le dire. Le 0 à 100 km/h prend 3,4 secondes, la vitesse maximale dépasse 320 km/h, et la boîte à double embrayage à 8 rapports vient tout droit de la SF90. La suspension Magneride avale les pavés romains comme les petites routes de campagne, l’habitacle à double cockpit enveloppe le conducteur et le passager, et le coffre accepte de vrais bagages. Une Ferrari pour partir en week-end : votre père n’en croirait pas ses yeux.
Soyons honnêtes : Ferrari a voulu tout moderniser, y compris les boutons. Ceux du volant sont tactiles, et ils réagissent tantôt à un effleurement, tantôt à rien, tantôt à votre humeur. Ferrari a fini par reconnaître son erreur et a remis de vrais boutons sur l’Amalfi, qui lui a succédé en 2025. Les places arrière, que Ferrari décrit pudiquement comme des « 2+ », accueillent un sac, un manteau ou votre belle-mère que vous n’aimez pas beaucoup. Enfin, comme toute Ferrari, elle se fait entretenir au tarif Ferrari. Heureusement, celle-ci a de l’avance.
Celle-ci a été livrée neuve en Suisse en novembre 2020 et n’affiche que 8 200 km. Son historique d’entretien Ferrari est complet. Elle bénéficie du programme d’entretien Ferrari de 7 ans jusqu’en octobre 2027 et d’une garantie Ferrari prolongée jusqu’en juillet 2028. Elle porte une robe Grigio Silverstone et un intérieur en cuir Cioccolato aux détails anthracite, avec des surpiqûres Beige Tradizione et le Cavallino brodé sur les appuie-tête. Grigio, Cioccolato et des étriers jaunes : la sobriété, avec juste ce qu’il faut de provocation. Elle est équipée de jantes forgées foncées de 20 pouces, des écussons Scuderia Ferrari, d’embouts d’échappement noirs, des phares LED Matrix actifs, de la suspension Magneride à double mode, de sièges entièrement électriques et ventilés, d’un pare-brise athermique, d’une caméra avant, d’un radar de recul et d’un rétroviseur intérieur électrochrome. Elle se trouve actuellement en Suisse.
Dans le coffre, on trouve un chargeur de batterie et une housse de protection. 8 200 km en cinq ans : même la voiture savait que vous la sortiriez moins que prévu.