195 chevaux. La Golf GTI de votre neveu en a plus. Elle coûte aussi le prix d’une maison de moins. Mais en cinquante ans, personne ne s’est jamais retourné sur une Golf GTI. Ni sur votre neveu, d’ailleurs. Voici la Ferrari Dino 246 GTS.
La Dino porte le surnom d’Alfredo Ferrari, le fils d’Enzo, emporté par la maladie en 1956 à seulement 24 ans. On lui attribue l’idée d’un V6 de course, et son père a donné son nom à toute une lignée de moteurs puis à cette voiture. Dessinée par Pininfarina et carrossée par Scaglietti, la Dino est la première Ferrari de route à moteur central, une idée que Maranello jugeait jusque-là réservée à la course. La 246 GT coupé apparaît en 1969, puis la version GTS, avec son toit targa amovible, arrive en 1972. Elle était censée ouvrir la marque à une nouvelle clientèle. Elle est devenue l’une des plus belles voitures jamais dessinées, et Tony Curtis en a fait une star dans la série Amicalement vôtre.
Ses atouts sont intemporels. Le V6 de 2,4 litres développe 195 chevaux, prend les tours avec appétit et chante comme peu de moteurs savent le faire. Le moteur central offre un équilibre remarquable, et la direction est d’une précision que bien des sportives modernes envient encore. Avec son toit targa, la GTS ajoute le soleil au plaisir. Et la ligne, avec ses ailes avant plongeantes, ses prises d’air creusées dans les flancs et sa poupe à lunette concave, n’a pas pris une ride en plus de cinquante ans. Sa cote progresse, et on la comprend.
Soyons honnêtes : les carrosseries de Scaglietti avaient une passion pour la corrosion, et un examen attentif s’impose toujours. Les 195 chevaux d’époque n’impressionneront aucun conducteur de berline allemande au feu rouge, la chaleur monte vite dans l’habitacle, et les pièces se paient au tarif Ferrari, même quand le nom n’est pas écrit sur le capot. Rien de tout cela n’empêche les collectionneurs de la chercher partout.
Celle-ci date de février 1973 et affiche 96 100 km au compteur. Elle a été livrée neuve aux États-Unis, à San Francisco, en Rosso Bordeaux avec un intérieur en cuir beige. Elle porte aujourd’hui une robe jaune et un intérieur en cuir noir. Elle est matching numbers : châssis, moteur et boîte de vitesses sont d’origine. Son historique est connu, et elle est accompagnée d’un dossier de factures. Elle a été restaurée il y a déjà un certain temps, ce qui lui donne une belle patine, et elle se prête parfaitement aux rallyes historiques. Elle est équipée d’origine de la climatisation, des sièges Daytona et des vitres électriques, et elle est complète avec sa roue de secours, son outillage et son cric. Elle se trouve actuellement en Suisse.
Dans Amicalement vôtre, Tony Curtis avait la Dino, le sourire, le bronzage et le talent. Vous aurez la Dino. C’est déjà ça.